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Florence Chitacumbi, biographie |
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| Elle donne le tournis. On reçoit d’elle des cartes postales musicales de Russie, d’Afrique du Sud, d’Espagne, du Mali, et des quatre coins de son pays natal, évidemment. On la rencontre sur les petites et les grandes scènes en duo, en formation, accompagnée d’un big band, en quartet de jazz. Ou alors en balade avec ses deux petites filles dans les rues de Neuchâtel, où elle vit. C’est Florence Chitacumbi.
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| Et la musique est sa vie, tout simplement. Une vocation irrésistible, ressentie dès l’enfance. Son père, venu d’Angola, a emmené avec lui la musique de son pays et vibre aux sons de la soul américaine et de son pape James Brown. Sa mère, suisse, tourne plus volontiers les oreilles vers la France des Brassens, Ferré, Brel et autres Montand.
Pour la jeune Florence, la découverte de la musique zaïroise dans la « cosmopolite » Lausanne sera déjà décisive. Rien d’étonnant dès lors que son séjour à Londres, à dix-huit ans, constitue une véritable révélation. Le métissage musical est partout : le mélange des musique lointaines et de l’environnement artistique urbain y fait naître des torrents de créativité. Car il ne s’agit plus seulement d’adapter, mais bien d’inventer, de créer en tissant entre eux les fils de la tradition et du présent.
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| De nombreux concerts suivront cet apprentissage londonien, tant dans la capitale anglaise qu’en Suisse, à son retour. La voie du funk ira de pair avec la découverte des grandes voix du jazz, de l’expressivité swing de Sarah Vaughan au vibrato tragique de Billie Holiday. C’est nourri de jazz qu’avec Christophe Bovet et son band, on sillonnera la Suisse en brandissant haut les hymnes funky, Chakah Khan, Marvin Gaye, Stevie Wonder en tête. Mais l’envie de faire sa propre musique l’entête : la passion de créer ne la quittera plus. Sa rencontre avec Luther Perreau, le pianiste de Myriam Makeba, la confortera dans cette idée. Comme pour continuer à faire ses classes d’autodidacte, Florence part pour 6 mois à Bruxelles, dans les milieux antillais. Ces alchimistes mettent en fusion la musique des Caraïbes, sans tomber dans le zouk, et son travail avec eux lui permettra de développer ses aptitudes de rythmicienne. |
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C’est donc riche de cette palette déjà considérable que de retour en Suisse, en 1989, elle se lance pour la première fois sous son propre nom, avec une répertoire mêlant les reprises et les compositions propres. Nouvelle tournée et premier disque, un LP single : Don’t make me wait too long. Parmi ses sidemen, on trouve Maurice Peretti (claviers), le percussionniste guadeloupéen René Dambury, qui deviendra le père des ses enfants, et (déjà) le guitariste Laurent Poget, avec qui elle entame une collaboration qui durera jusqu’à aujourd’hui. La rencontre de Peter Wagner, claviériste et arrangeur, aura un effet de révélateur : les compositions s’enchaînent, et au fil des tournées dans les salles et le clubs de Suisse, épaulée déjà par Yves Ndjock, qu’elle a rencontré à Bruxelles, Valery Lobe et N’doumbe Djengue, ce qu’elle a envie d’entendre commence à prendre couleurs et identité, une identité musicale métisse couplée à une affirmation de soi, de sa voix, bref, un style. En 1994, elle signe en collaboration avec Christophe Calpini son premier album, Uniq, qui connaîtra un certain succès commercial en Suisse et… au Japon. En parallèle, pour poursuivre l’expérience jazz qu’elle n’avait cessé de creuser « pour le plaisir » en Belgique, puis avec Jean-Luc Parodi, elle devient la chanteuse des Four Roses, ce quartet de jazz de création cent pour cent féminin qui fera les beaux jours des clubs de Suisse et du monde. Entre deux tournées, elle répond aux sollicitations du Big Band de Lausanne (BBL), sous la direction de Christian Gavillet, qui souhaite arranger certaines de ses compositions de l’album Uniq (1994). |
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Suivra alors, à Genève, une période d’expérimentation et d’essais avec le bassiste et compositeur Vulzor et Christophe Calpini. Les horizons suisses lui semblent-t-ils alors se fermer ? Ou l’envie de donner un nouveau tour à sa vie est-elle la plus forte ? Toujours est-il qu’en 1995, elle part pour Paris. Elle sera engagée comme choriste avec Atlantique (« Poussée par le vent », « Les eaux de mars »), et Teri Moïse (« Les poèmes de Michelle »), tout en donnant plusieurs concerts avec ses propres créations. Ce sera aussi trois ans riches en jams, en rencontres et en écriture, qui seraient trop longs à décrire ici dans le détails. D’une façon plus générale d’ailleurs, il faudrait quelques centaines de pages pour raconter les multiples rencontres, collaborations et expériences vécues par Florence Chitacumbi au cours de ces deux dernières décennies… De retour en Suisse, en 1998, elle remet l’ouvrage élaboré avec Vulzor et Calpini sur le métier, ce qui débouchera sur son deuxième album, 6e Sens. Ce répertoire tout neuf sera présenté en tournée et sur les scènes des festivals.
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| Poursuivant sa collaboration avec le BBL, elle participe aux spectacles « Duke Ellington » et « Sacred Music ». Ce lien privilégié avec le BBL lui permettra de réaliser un de ses rêves : revisiter le répertoire du 6e sens en faisant se conjuguer le savoir-faire d’un des plus inventifs bigs bands de la région, sous la direction de Pierre Drevet, avec les trouvailles électro de Calpini et de Vulzor … Cette re-création sera présentée au Festival de Jazz de Cully (en 2004) et sur la scène de L’Heure Bleue à la Chaux-de-Fonds (en 2005). Puis, comme pour passer du gigantisme au minimal, elle se lance dans une expérience en duo avec Laurent Poget à la guitare. Un nouveau répertoire prend forme, plus intime, plus sentimental…
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| Ce sera celui de Regards croisés, son dernier album. Pour enrichir la matière sonore, Florence fait appel à ses complices camerounais de Paris Yves Ndjock (guitare), Valery Lobe (percussions) et N’doumbe Djengue (basse). Mais l’intimité du ton sera respectée : guitares sèches, basse veloutée, percussions toutes de matières acoustiques. Cordes, bois, peaux, cloches… Le blues, la soul, la musique africaine, le jazz et la chanson française sont convoqués, et entremêlés dans une subtile alchimie qui séduira même le célèbre percussionniste Mino Cinelu (Miles Davis, Weather Report, Sting…), qui viendra à Lausanne enregistrer certains morceaux du CD. C’est là sans doute l’album le plus personnel de Florence Chitacumbi, celui où sa personnalité se révèle pleinement, celui où sa voix revisitée se met le mieux au service de sa sensibilité et de son coeur.
Son titre, Regards croisés, annonce la couleur: celle de l'amour, de la découverte de l'autre, de la relation amoureuse sous ses formes sensuelles et spirituelles, qui imprègne tous les titres de ce nouvel opus. Un album de maturité, où la joie et la tendresse se teinte parfois de douleur et d’ironie douce-amère
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