TRAVAIL DE PROXIMITE ET ACTIVITES COMMUNAUTAIRES
1. Problématique

Le quartier de la Planchette à Aigle compte environ 2500 habitants, dont 70% de personnes originaires de pays tiers. Parmi cette population, on constate qu’un nombre important (évalué à 40%) de femmes reste confiné chez elles. Il s’agit pour l’essentiel de femmes musulmanes

dont les normes sociales, culturelles et religieuses ne permettent pas une ouverture sur l’extérieur.
D’autre part il n’existe pas à Aigle de lieux «relais » qui leur permettraient de faire le pas vers plus d’autonomie. Ce manque de possibilités d’ouverture est la cause de multiples difficultés qui empêchent l’intégration, voire provoque la dépression, une baisse de l’estime de soi, une perte d’autorité sur les enfants etc.
Les places de jeux sont envahies par une multitude d’enfants souvent laissés à eux-mêmes. Les parents sont confrontés à des difficultés importantes liées à l’immigration et se trouvent souvent dans l’impossibilité d’assumer leurs tâches (incompréhension de la langue, us et coutumes différentes, traumatisme physique et psychologique, sentiment de rejet, difficulté de trouver du travail, compétences non reconnues etc.).
Les problèmes liés à la migration doivent être traités en amont et dans une relative urgence :

L’acquisition et la compréhension de nos us et coutumes, de nos règles de vie, la clarification et l’acceptation de leur situation personnelle sont essentielles dans l’optique d’une bonne intégration

Dans cette perspective, l’acquisition du français est nécessaire. C'est pourquoi nous avons commencé avec l’aide de FONDIA et de la CFE à mettre sur pied des cours de langue. Cependant nous atteignons en majorité les personnes qui ont la capacité personnelle de faire le pas vers une intégration ou qui sont suffisamment en relation avec notre service. Si cela nous paraît logique que tous devraient apprendre la langue, nous oublions des facteurs essentiels à la motivation qui font défaut pour certains et qu’il s’agit de comprendre, puis de ranimer.

Notre désir est de prendre en compte et d’atteindre mieux ces personnes plus en marge et souvent en souffrance. C’est l’objectif de la nouvelle dimension à notre projet.

2. Constat

Ainsi nous avons constaté qu’il faut d’abord établir une relation avec les personnes en situation psychologique précaire, avant de pouvoir leur proposer des cours ou toute autre aide. Cette relation peut se développer dans des activités de type communautaire et associatif à seuil bas (exigences minimums, moins contraignantes au niveau de l’engagement personnel, mettant en valeur les compétences existantes de la personne, etc.) ou dans une relation interpersonnelle.

C’est pourquoi un travail de proximité est indispensable. Il commence par un simple « Bonjour », une présence sur la place de jeux ou devant les escaliers des immeubles, une invitation à un souper multiculturel, une aide proposée pour une lettre, une visite à la maison ,etc. C’est un travail de fourmi qui demande du temps.

De plus, nous observons que les activités entreprises depuis deux ans ont créé des liens. Plusieurs habitants du quartier témoignent d’une meilleure ambiance dans le quartier, même si cela est naturellement peu quantifiable. Nous constatons aussi un lien direct entre ces activités et, par exemple, les inscriptions et la motivation aux cours. C’est pourquoi nous voulons développer de nouvelles activités comme l’Espace Bienvenue, l’atelier Service ou encore des ateliers à la demande.

En résumé, notre évaluation nous incite donc à accentuer notre action en donnant la priorité à un travail de proximité et au développement d’activités communautaires. Nous voulons favoriser les relations personnelles, familiales et de type collectif, en lien avec le réseau social existant. Nous voulons aussi favoriser un travail de type associatif par la création de temps de rencontre communautaires.

Dans la mesure où nous cherchons à atteindre en priorité les femmes dont beaucoup sont musulmanes, nous avons besoin d’un poste d’animatrice de proximité et d’atelier, évalué à 40%.

Cette personne collaborera avec des bénévoles, si possible des femmes du quartier et avec le diacre coordinateur de l’ensemble du projet du Service Communautaire qui ne peut pas effectuer ce travail spécifique et nécessaire auprès des femmes.

3. Objectifs spécifiques (2004)

Notre demande financière à FONDIA vise à .

- soutenir la mise sur pied d’un poste « Proximité et animations des activités », pour atteindre les femmes et les familles en situation précaire, les mères avec petits enfants.

- renforcer notre présence sur le terrain et établir des contacts personnalisés (place de jeux, dans la rue etc.) et ainsi permettre le lien avec les activités proposées à l’Appart’1741.

- développer les activités communautaires.

- aider à la mise sur pied des nouvelles activités (animation et logistique), selon annexe.

4. Moyens nécessaires

L’engagement d’une animatrice de proximité (dès janvier 2004 ou dès que le financement est assuré) qui aurait à charge de:

- s’engager dans un travail de proximité auprès des femmes et des enfants du quartier et de faire le lien avec les activités de l’Appart 1741.

- développer les activités communautaires et le travail en réseau .

- s’occuper de tâches de secrétariat , comme le développement de matériel d’information en plusieurs langues soutenant le travail de proximité (aide et prétexte au premier contact)

- L’Appart’1741 est le lieu indispensable pour le développement des activités. Sans lui, toutes les relations nouées sur le terrain de la proximité ne seraient plus à même de se poursuivre.

Ce projet a été fait mi-2003, accepté en décembre 2003, mis en route en février 2004
Activités