RAPPORT 2003 POUR L'ASSEMBLEE DE LA REGION 18 DE L'EERV
Introduction

Notre service continue son travail dans le domaine de l’intégration des personnes étrangères de la Planchette, d’Aigle et de la région. Le terme « Intégration » est à comprendre comme définissant un échange enrichissant pour l’accueillant comme pour l’accueilli, en opposition à «assimilation » qui suppose que le migrant doit se confondre avec la culture ambiante.

Les cours de français, la Fête des Couleurs, les soupers multiculturels, les activités à l’Appart’1741. les animations pour les enfants, les relations inter-personnelle se développent toujours plus et bénéficient des apports des personnes concernées, ainsi qu’un virage vers plus de professionnalisation, tout en favorisant l’apport de bénévoles formés.

L’année 2003 a vu la naissance du projet « proximité auprès des femmes et des familles », ainsi que celle d’un site Internet www.planchette.ch

Les cours de français

Pus de 120 personnes ont participé à un cours proposé par nos services en 2003 : Cours débutants, moyens ou avancés, cours d’été, cours personnalisés et d’appui spécifique, atelier mère et enfants.

Ce qui représente plus de 1100 périodes d’enseignement. Le budget global avoisinant les 90.000.- a été couvert pour 40% par la Commission Fédérale des Etrangers, pour 20% par FONDIA. La région 18 (5%), l’EERV (13%) à travers le salaire du diacre responsable, les élèves (6%), les dons (en prestations ou financier) ont permis de boucler les comptes.
La CFE a prolongé son aide jusqu’à mi 2004 et une nouvelle demande a été faite pour mi 2004-mi 2005.
Ces cours permettent souvent un premier pas important vers l’intégration et la rencontre multiculturelle. Ils sont une entrée
vers les autres activités de notre service et permettent de sortird’un grand isolement.
Madame Anne Rossier a été engagée (50%) pour assumer la responsabilité de l’organisation des cours et pour enseigner, depuis mai 2003. Cet apport est précieux, car il permet un enseignement de qualité, un suivi des personnes, une meilleure orientation selon les niveaux et les besoins, une plus grande régularité des élèves. Au-delà des cours, elle crée une relation qui permet aux migrants d’aborder les difficultés, les soucis quotidiens et qui les encourage dans leur parcours personnel et familial.

A noter qu’une garderie est mise en place les mardis et jeudis. Une quinzaine d’enfants s’y retrouvent sous la bonne conduite de bénévoles et dans les locaux gracieusement mis à disposition par la Fondation Monneresses. Elle permet aux mères de venir aux cours et en second plan donne une bonne occasion aux enfants de se socialiser et de se préparer à l’école. Nous y observons des enfants qui font des progrès fulgurant dans l’apprentissage du français et de la relation.

Les participants aux cours viennent principalement d’Aigle, mais aussi de toute la région. Cependant la question des déplacements augmente l’absentéisme.

La Fête des Couleurs

Elle a eu lieu le samedi 23 août 2003, sous le soleil, ce qui était une nouveauté. Elle a vu la participation d’une dizaine de communautés étrangères, ainsi que celle des associations aiglonnes, des jeunes et des enfants du quartier. Un public nombreux et intéressé est venu assister aux divers spectacles et animations. Peu à peu, la fête se fait connaître et attire plus de spectateurs, même si on peut souhaiter pour les années suivantes une participation plus importante des habitants du haut de la ville et de la région.

Nous avons couvert un budget restreint de Fr.12000.- grâce au sponsoring, à la commission culturelle, à la vente des boissons. Ce budget est resté extrêmement bas, car il ne prend pas en compte les apports en prestations diverses. Nous avons limité l’infrastructure et les groupes de danse et de musique ont été peu gourmands !
Cela ne sera pas toujours possible, car nous devons offrir de bonnes conditions d’accueil et diversifier l’animation pour
assurer la réussite d’une manifestation qui nécessite une préparation importante. La fête 2004 aura lieu le vendredi 20 et le samedi 21 août.

Une demande d’aide financière à la CFE a été faite (Il nous ont répondu favorablement - début mars 2004 (Fr.15000.-)

Les soupers multiculturels

Mensuellement, ils ont réunis entre 30 et 50 adultes, 20 à 30 enfants. La Fondation Verdeil nous met à disposition des locaux. Chacun amène quelque chose à manger et à partager avec les autres.

Ce fut l’occasion d’un moment convivial apprécié. Nous avons pu approfondir le partage et pu mettre de nombreuses familles en relation. Certaines s’invitent ensuite les unes chez les autres. Seul regret, la participation faible d’amis suisses que nous aimerions bien mettre en contact avec des personnes étrangères qui méritent d’être connues et qui ont besoin de rencontrer des autochtones. Ceci aussi afin de diminuer les peurs et de permettre à chacun de vérifier l’inadéquation de certaines thèses racistes.
Activités à l’Appart’1741

En plus des cours, parlons de l’espaceBienvenue du lundi après-midi. Après quelques balbutiements, celui-ci a pris son rythme de croisière. Une dizaine de personnes, en majorité des femmes y ont participé. On a vu une présence plus régulière dès l’engagement de Madame Rossier. En effet, de par son activité soutenue elle peut motiver et intéresser des migrants qui viennent ensuite aux diverses activités par besoin de contact et de chaleur humaine.

Nous avons eu également plus de demandes personnelles tout au long de la semaine. Les soucis des migrants sont principalement axés sur la question du logement, du travail, de l’obtention d’un permis B, seul permis de séjour qui ouvre à la possibilité de faire de réels projets de vie en Suisse.
Nous avons perçu chez eux une inquiétude constante pour leur avenir et celui de leurs enfants. Ce qui s’est traduit bien souvent part des maladies à répétitions. Ils se sentent souvent très seul et nous avons servi principalement de réconfort et d’oreille ! Nous sommes bien impuissants par rapport à la plupart de leurs préoccupations premières, car elles dépendent de décisions politiques et de préjugés raciaux toujours plus forts, alimentés par des propos ne reflétant pas la réalité. Nous avons pu toutefois les guider sur d’autres services, tel le Service d’aide juridique à Lausanne et être tout simplement avec eux, ce qui est apprécié.

Animation pour les enfants

Six après-midi ont été organisés conjointement avec les associations aiglonnes et les églises pendant les semaines de vacances scolaires (printemps, été). Une exposition a été réalisée et présentée à l’Hôtel de ville pendant les vacances scolaires. Notre groupe d’animation fonctionne comme une petite structure indépendante et s’intitule : « Quartier Animé ». Elle a eu quelques difficultés fin 2003, suite à des divergences de vue et des départs annoncés de quelques personnes fondatrices de l’activité. Cependant elle a redéfini de nouveaux objectifs 2004, afin de continuer à répondre à un besoin du quartier.

Site Internet

Depuis trois années nous sommes sur le terrain de l’accueil des migrants et à la recherche des réponses les plus appropriées. Nous avons constaté les limites de notre action confrontée à une politique toujours plus restrictive dans ce domaine. Nous sommes souvent touchés d’entendre à la radio, à la télévision, de lire dans la presse des prises de position, des commentaires basés sur une appréciation partiale de la situation. Il nous est apparu nécessaire de parler de notre

expérience concrète, de donner notre point de vue et d’informer le citoyen d’éléments peu connus de notre politique d’intégration. C’est pourquoi nous avons mis en route www.planchette.ch qui d’une part présente nos buts, nos valeurs et nos activités et d’autre part développe divers dossiers en rapport avec la migration.
Projets/ Divers

- Proximité : une demande d’aide a été présentée en 2003 (acceptée en décembre 2003, 2X 15000.-) à FONDIA pour nous aider à améliorer notre offre dans le domaine de la rencontre et de l’aide auprès des femmes et des familles. Ainsi depuis le 1er février 2004, Madame Tania Allenbach se rend chez les gens, est présente dans le quartier pour atteindre une population fragilisée par sa situation et la soutenir dans ses efforts d’intégration.

- Nous réfléchissons également aux questions liées au travail. Il s’agit de trouver une solution pour tous ceux qui désirent avoir une activité professionnelle, mais qui sont limités de par leur statut de requérant d’asile. Depuis le 1er mars 2004, l’église catholique d’Aigle met à disposition (10%) Monsieur André Bader pour cette recherche.

- Nous pensons également développer l’échange entre des familles suisses et étrangères. Nous pensons mettre en relation des familles tout en aidant à une bonne compréhension de départ, donnant des pistes si nécessaire.

La demande de dialogue et de contact est grande de la part des migrants qui sont souvent très isolés, voire mis de côté.

Finances

Depuis mi 2003, le conseil régional nous a autorisé a géré l’ensemble de notre comptabilité. Ceci afin d’avoir une vue d’ensemble de la situation et de pouvoir de manière transparente rendre des comptes à nos partenaires financiers, tel FONDIA ou la CFE, qui demandent des décomptes détaillés en fonction du projet subventionné.

Ces subventions ne se renouvellent pas systématiquement chaque année. Elles sont en général pour un temps et il faut à chaque fois refaire une demande. Le souci de pouvoir continuer à répondre au besoin est constant. Le financement des activités est une de nos premières préoccupations. Notons encore que la Commune d’Aigle a accepté d’être notre partenaire par l’apport au budget 2004 d’une somme de 6000.- pour le loyer le l’Appart’1741.

En conclusion

Nous constatons un besoin d’accroître notre présence sur le terrain. Il serait heureux de développer une présence à Bex, Leysin (centres FAREAS) et pouvoir offrir notamment des cours de français sur place.

Nous constatons un désarroi et une solitude chez beaucoup de migrants face à leur situation personnelle, familiale, face à leur avenir. Le virage politique pris par notre pays accentue leurs craintes et présage encore d’une détérioration. On va vers l’accroissement du nombre de personnes exclues, laissées pour comptes. Rappelons nous en tant que chrétien. En tant qu’Eglise que nous avons d’abord à faire à des personnes voulues et aimées de Dieu, quelle que soit leur origine. Ce message est celui du Service communautaire, mais devrait également être celui de notre Eglise régionale et cantonale.

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